Le "balayage" de janvier 1985 laissa l'Organisation démantelée. Les conceptions et les pratiques semi-anarchistes dominants jusqu'alors vont contribuer à paralyser complêtement l'activité armée du mouvement, même s'il est vrai qu'il ne serait pas pour longtemps. Encore une fois, toute la charge du travail dirigé à mettre à nouveau l'Organisation debout dut échair sur le dos des militants du PCE(r). Cela imposa au Parti d'énormes sacrifices puisqu'il se trouvait alors fort affaibli aussi à la suite de la répression. De sa part, et comme de bien entendu, la police centra également son travail essayant d'êmpecher notre remontée. Il arrive ainsi que les premières tentatives de créer une structure et quelques commandos échouent. Les membres d'un de ces commandos furent arrêtés au debout de 1986, quand ils menaient une expropiation bancaire. On donna la circonstance anecdotique qu'ils perdirent leur temps, après s'emparer de l'argent, en attachant tous les employés de l'entité; la police ayant ainsi le temps de les encercler. Cela laisse entendre la manque d'experience, l'improvisation presque absolue et le manque de moyens dans les opérations des commandos.
Ces premiers pas furent réellement dramatiques: des fois, c'était la forte tension psycologique, augmentée par le sein de la responsabilité; d'autres fois, ce furent les erreurs inévitables ou les échecs. Les nouveaux militants s'incorporant n'avaient que de la discipline et de la volonté de ne pas reculer devant les difficultés. Tous eux manquaient d'expérience de lutte militaire, et quelques-uns ne réunaient même pas les qualités exigées pour cette type d'activité. Pourtant, personne ne cède à l'effort. Il était en jeu le maintien même de l'Organisation. Les tortionnaires et les assassins ne vont pas nous imposer longtemps l'esclavage. Et les efforts pour avancer plus loin et pour mettre à nouveau l'Organisation debout augmentaient. Malgré les limitations et les énormes difficultés que nous trouvons, il est en realité dû à cette persévérance et redoublant nos efforts que nous allons obtenir, quelque temps après, quelques résultats favorables. Cependant, la "malchance" que nous pessions allait se prolonger toute l'année 1986 durant, où se produisent de nouvelles arrestations.
Déjà en 1987, avec d'autres incorporations nouvelles de militants et l'experience acquise, la tendance commence à changer nettement à notre faveur. Quelques opératifs importants s'accomplissent. On y recupére quelques armes à l'ennemi et l'on s'y dote à l'Organisation d'un fond économique, produit de quelques expropiations et du recouvrement de l'impôt révolutionnaire.
Les arrestations de décembre et celles devant se produire dans cette période de réorganisation avaient rongé le moral de victoire et crée un esprit numantino. On va a l'action par discipline et parce que notre conscience même l'exigeait ainsi, mais réellement, peu de nous confiaient de pouvoir nous en sortir. On entendait souvent dire: "nous y allons car nous devons aller, sinon, à quoi bon sommes-nous ici?" Ce manque de sûreté en ce qu'on faisait et la méfiance dans la victoire déterminait souvent le resultat même des actions ou des opératifs. Ce qui arriva, par exemple, avec la premier tentative de nous pourvoir des cartes du DNI (9): de façon etourdie on fait irruption au commssariat avant d'être déposées les documents dans l'endroit prévu. Autant il passerait aux tentatives échouées de "retenir" plusieurs entrepreneurs, des actions où l'on ne parviendrait à dépasser la phase d'approximation et d'abordage. Et il arrive que, avec cet esprit de fatalisme et de defaite, la planification même des actions se faisait comme une simple formalité.
Comme conclusion de toute cette période on peut dire que la "malchance" du débout a son explication dans les difficiles conditions de départ; en manquant d'ailleurs d'expérience et de toute type de moyens, les erreurs commises dans cette étape sont fondamentalement de type pratique. Mais plus tard, une fois réussies quelques actions et déjà aguerris au combat et lorsque nous avions un potentiel opératif considérable, la persistence du même esprit "d'abattement" ne peut être attribué qu'au manque d'un travail idéologique et, plus en général, à "l'autocomplaissance" et à l'éloignement de la Direction.
La préocupation excessive par la securité avait renfermé la Direction sur elle-même, négligeant les relations et les contacts directs avec lesquels inculquer de la confiance et impartir des enseignements aux militants nouveaux. Ce fut un défaut se faisant remarquer pendant toute cette étape. D'ailleurs il y a un autre aspect important à prendre en considération (en dehors de la démoralisation provoquée non suelement dans nos rangs mais aussi parmi les masses populaires) et c'est le sillage d'information qu'on laisse à l'ennemi, ce qui facilite énormement son activité répressive. A partir de tous ces considérations, le Commando Central devrait avoir fait un effort pour analyser et exposer, après chaque échec, les causes du même, quels facteurs avaient empêché d'atteindre les buts, les erreurs observées, les non-exécutions, etc. Cela aurait contribué à éclaircir les idées, aurait renforcé le moral de combat dans nos rangs et avrait augmenté le prestige de l'Organisation parmi les masses. En possant nous aurions crée beaucoup plus de difficultés à l'ennemi, et notre progression aurait donc été plus grande.
Malgré toutes ces erreurs et déficiences, et grâce aux efforts que faisait l'ensemble de l'Organisation, nous parvînmes à nous en sortir encore une fois en surmontant tous les écueils et les difficultés. De même que nous signalions ci-dessus. La tendence défavorable que nous affrontions au débout de cette étape s'en alla à un telle point qu'à la fin de 1988, nous arrivions à la pencher presque totalement à notre faveur. Il y devrait contribuer l'incorporation de nouveaux militants, la recupération de quelques armes et, finalement, la saisie d'une bonne quantité de cartes du DNI. Nous avons pu ainsi souffler et effectuer un repli partiel, nous permettant de tirer des projets nouveaux, de renforcer le Commando Central et de constituer les differentes sections (fabrication d'explosifs, information et falsification, etc.). Le but principal visé à ce moment-là consistait en parvenir à la fuge massive des camarades emprisionés ("plan Benito") concentrés alors dans la prison de Soria. Mais pour commencer ce plan, il fallait encore constituer un fond économique. Ce problème ne serait résolu qu'en été 1989, après la sécuestration-expropiation menée à Castellon où nous réussions à arracher 148 millions de pesetas (10) et les armes des gardiens. Mais nous prenions déjà du retard et, de fait, les preparatifs de "l'opération Benito" à peine commencés, le gouvernement organise des provocations contre les prisonniers et méne leurs transferts aux différents prisons. La grève de la faim, à laquelle nous nous étions opposé auparavant car elle pouvait entraver nos projets, devint alor nécessaire et inévitable.
Ainsi étaient les choses au débout de la grève de la faim, où plus d'un commentateur arriva à la qualifier de faire "bras de fer" entre les GRAPO et le gouvernement felipiste. Même si, comme nous venons de voir, notre situation n'était pas encore très solide, il faut reconnaître que le gouvernement et les organes répressifs de l'Etat avaient toutes les raisons de se préocuper. Aujourd'hui nous avons la certitude que les experts en tortures et en répression jougeaient chaque opératif mené et son importance stratégique. D'ailleurs ils savaient que, malgré tout le déploiement de forces, des "peignages" et le reste qu'ils nous dédient, ils n'ont pas reussi à nous faire aucun mal. Cela uni à quelques changements effectués en notre façon d'agir et à la "nervosité" qu'ils ont pû détecter dans quelques camarades emprisionnés, leur fit penser que nous étions en train de préparer quelque chose "sérieuse". A ce moment-là nous sommes au courant de la réalisation des enquêtes et des fouilles sur tout le périmètre de la prison de Soria. Nous savons aussi qu'ils ont étendu leurs enquêtes à toute la province en recherchant des indices confirmant leurs craintes.
Pour se tirer d'affaire de cette situation si dangereuse pour eux, le gouvernement et les experts militaires et policiers vont concevoir un plan dont le but principal consisterait en la dispersion des prisonniers pour couper toute possibilité d'évasion massive et ensuite, en les harceler, les isoler et les torturer afin de nous faire perdre la tête et d'empêcher le mouvement de résistance de développer sus propes projets. Logiquement, même si de notre part, nous voyons clair dès le débout cette manoeuvre de l'énnemi (visée à nous mener au terrain le plus favorable pour eux, à la dynamique de "l'oeil pour l'oeil") nous n'avons pas pu cependant l'éviter ni nous n'avons pas pu répondre comme nous devrions l'avoir fait dès le debout. Etant immergés dans les plans d'évasion, nous nous sommes vu obligés à l'improviser et à démanteler vite l'opératif. D'ailleurs, à cette époque, nous manquions de l'information nécessaire. Toutes ces limitations, unies à la circonstance que l'énnemi attendait prêt notre attaque, nous ont obligé à être bien plus prévoyants de ce nous souhaiterons. Même ainsi, l'Organisation fut exposé à un haut risque. Quoi d'autre pouvait-on faire dans une situation pareille? Ce qu'on fit: les commandos opératifs reçurent l'ordre de "sortir à la chasse", ce qui supposa parcourir continuellement les villes cherchant des "buts" qui étaient déjà sur leurs gardes, et augmenter bien plus les risques.
Preuve de cela fut-il, lors de l'action de Gijón où on exécuta deux gendarmes et l'on leur arracha les armes qu'on arriva à sortir du siège de justesse; autant il arrive lors de l'execution du commandant de l'Armée Román Santeodoro, que nous menions à Madrid; et encore une fois, à côté du Ministère de l'Air où des éléments de la police et nos garçons se regardèrent du coin de l'oeil durant quelques minutes sans se décider aucun d'eux à sortir l'arme d'abord. A cette époque nous avons le gros des forces en dance, "faisant" de l'information et retournant les buts dans leur tête.
La cause de ce problème est due, fondamentalement, aux faux critère ayant dominé jusqu'alors sur le travail d'information dont il dépend, en grande mesure, autant la décisión d'un opératif (soit militaire, politique ou économique) que sa réalisation correcte. Pour cela le travail d'information ne doit jamais être conditionné par les avatars ou les besoins de chaque moment, mais il doit être un travail constant planifié et orienté avec un critère large, s'occupant à la fois des differentes domaines où se déroule notre activité et ayant en vue principalement, le moyen et le long délai.
Pour que l'information soit efficace, il faut l'avoir toujours prête pour la mêtre seulement "à jour" quand faudra-t-il. D'ailleurs, afin de ne pas gaspiller de temps ni d'énergies, il en faut faire une selection soucieuse et un suivi de la même. Rien de plus bête ou naif que ces tas de coupures de journaux et de revues qu'ont l'habitude de présenter quelques-uns de nos agents "spécialisés" quand on leur demande de rendre compte de leur travail. Il est vrai qu'on a fait d'importants progrès dans ce domaine. Mais il ne suffit pas car, comme on pourra comprendre, cela ne peut pas rester au libre arbitre d'aucun "spécialiste". Ne pas le comprendre ainsi, ou supposer que l'information est seulement une affaire des experts, de travail pratique, d'une tâche de recherche et de vérification des renseignements et de l'utilisation de moyens et de méthodes techniques, cela revient à ne voir qu'une partie de problème. Personne ne doute de la nécessité de ces moyens pour pouvoir mener un bon travail d'information. Il est aussi vrai que, en grande masure, celui-ci dépendra de l'initiative et de l'adresse qu'on y mette. Mais nous devons comprendre que, même ainsi, il serait mal employé ou il perdrait, s'il maquait d'un critère clair et d'une direction juste.
Comme chacun sait, en général, l'information arrive au centre procédent de sources differentes: des fois, à travers de collaborateurs; d'autres fois, des masses, ou bien des mêmes commandos opératifs de l'Organisation. Une fois choisie, cette information et les orientations correspondantes forment la base sur laquelle partent d'habitude les "spécialistes" pour commencer leur travail. Mais quand, comme dans l'exemple que nous venons de raconter, le besoin presse et nous devons improviser, sortir à la recherche des renseignements à la aveuglette et sous le feu ennemi, cela signifie que quelque chose va mal ou que nous n'avons pas une idée très claire à ce sujet.
Cette circonstance et la prolongation excessive de la grève de la faim nous menait au-delà de nos possibilités matérielles et humanines. La tension et les risques énormes que cette situation comportait, nous a obligé à devoir poser un changement de tactique. Ce changement se fit auprès du médicin tortionnaire José Muñoz Fernández, le 27 mars 1990. Au communiqué où nous avons assumé cette action, on prévenait déjà au gouvernement socialfasciste que nous n'allions pas nous laisser attraper dans le piège posé par lui, étant ainsi inutile de prolonger plus longtemps la torture des prisonniers. Après cela nous avons recommencé les tâches interrompues (comme la fabrication d'explosifs et la restructuration des groupes d'information). On avança aussi en la préparation d'un plan ambitieux de recouvrement économique. Tout cela, évidemment, sans abandonner jamais le soutien à la grève, en lui consacrant un commando opératif. Ce commando accomplirait l'éxecution du colonel-chef du gouvernement militaire de Valladolid en représaille par la mort du camarade Juan Manuel Sevillano après six mois de grève de faim.
En été 1990 nous avons réalisé un nouveau repli. Celui-ci se fit aussi nécessaire mais par des raisons differentes de l'anterieur: cette fois il s'agissait d'analyser la situation et l'état de nos forces afin de reprendre à nouveau l'initiative. Au cours d'une réunion urgente du Commando Central, on décide de lancer une offensive. Celle ci est mené à bien au mois de septembre à Madrid où se firent exploser plusieurs bombes au Ministère de Justice, à la bourse et au Tribunal Constitutionnel); à Barcelona (au siège central du Parti du gouvernement et dans la raffinerie de Repsol à Tarragona) et à Gijón, où autre faire sauter l'édifice de la Direction Générale à Circulation, nous avons récuperé un bon lot de cartes du permis de conduire. Toutes ces opérations se menèrent en peu de temps et de façon précise, y augmentant ainsi leur retentissement et leur importance politique. Avec cette offensive, supposant un coup politique, moral et militaire pour l'ennemi, nous avons repris l'initiative. Pour tant, on doit dire que nous n'arrivons pas à reussir totalement cette campagne car, pour la finir, il était prévu d'arracher une importante somme de millions de pesetas à un spéculateur mettant ainsi terme pendant longtemps aus problèmes économiques de l'Organisation. Mais, au lieu de cela et juste quelques heures avant de commencer l'opératif, on arrêta le commando devant le mener à bien.
Ces arrestations ne furent pas conséquance d'une "accumulation d'erreurs" car en général, jusqu'à cet instant, on avait fait les choses assez bien. Pourquoi n'a-t-on pas pris les mesures nécessaires dès qu'on eut les premiers indices des enquêtes policièrs? Simplement parce qu'ils ne finissaient pas de se croire que la police peut "couper les chevaux en quatre". Ils n'ont pas pensé que, comme il arrive souvent, un coup de chance peut leur servir.
A ce moment, ils ont confondu en outre d'autres facteurs: l'énorme tension accumulée par la prolongée grève de la faim des camarades emprisonnés, commençait à faire impression aux militants se trouvant contraints à développer une activité frénétique. Le bref delai de temps disponible fut un autre facteur leur pressant. Mais ce qui eut une influence plus forte sur ce manque de réflexes, ce fut la confiance excessive.
Les arrestations du mois d'octobre et le fait que nous n'avions pas arrivé à atteindre le but économique, vont provoquer une situation très difficile au sein de l'Organisation, ce qui nous a empêché de faire une plus grande contribution aux fastes de la monarchie, récemment finis. Néanmoins il doit être bien établi que pur les GRAPO, le célèbre 92 (11) n'a jamais eu aucun sens important, ni propagandiste ni stratégique. Le cas ècheant, l'année que toujours nous a attiré l'attention a été 1993. A part cela, les mesures extraordinaires de sécurité qu'ils devraient rendre pour protéger leurs fêtes et les autres événements étaient prévisibles; c'est pourquoi on ferait un mauvaise affaire essayant de les rompre avec les moyens limités à notre disposition. Il était aussi prévisible le mur de silence qu'on devrait dresser pour éviter qu'aucune des actions de la guérilla soit trascendent, particulièrement les actions dirigées contre ces montages. De toute façon, une chose est devenue claire: seulement avec quelques actions visées contre ces buts (comme l'explosion d'oléoducs et de station électrique, de même que l'action où nous sommes parvenus à arrêter le TAV (12) la jour même de son inauguration) nous avons obligé à faire sortir même l'armée à la rue, et cela avec un minimum d'effort de notre part. Et encore, ils n'ont pas pu éviter que, a la veille même de l'inauguration des Jeux Olimpiques à Barcelona, nous ayons allumé une grande torche, la torche de résistance, à quelques kilomètres seulement du stade où après ils allumeraient la ridicule petite flamme de leurs ridicules Jeux.
Pendant ce temps, le opératifs des GRAPO visés contre l'infrastructure énergetique des mopoles se multiplient. On essaie aussi d'éxécuter l'ex-Directeur Général de Prisons, le connu tortionnaire Galavis quand il se trouvait chez lui. Mais l'action échoue n'étant détruite que la ville. Peu après, au mois de juillet, on assaillit un fourgon de sûreté à Zaragoza. Cette opération est manquée. A cette époque, il arrive que nous avons un commando parcourant toute l'Espagne chargé d'expolsifs et étant sur le point de tomber entre les mains de la police, au moins en deux occasions. Une part de ces explosifs (40 kilos) se perdraient peu après puisqu'ils ont dû être abandonées dans une maison de "sûreté" dont dut-on quitter de façon précipité. Au même mois (novembre) on produit l'arrestation d'un groupe d'arrestation. Cette "malchance" devrait encore se prolonger jusqu'au printemps bien entré, où l'on attaque avec des charges explosives le centre de distribution de gaz à Zaragoza et plusiers bombes explosent ou Ministère du Travail et a l'INI (13). Avec ces dernièrs actions, il semblait que la situation améliorait, mais en réalité, celles-ci ne furent que le résultat de l'inertie et de la volonté. Pourquoi ne s'éxécuta-t-on pas Galavis si l'on disposait des renseignements précis? Pourquoi déposita-t-on une quantité si grande d'explosifs dans une maison quand sa destination était une autre bien différente? Pourquoi sont détectés et arrêtés à Madrid les membres du commando d'information en pleine célébration de la Conférence sur le Moyen Orient? Tout cela forme un tas d'erreurs qui, uni à d'autres erreurs que nous verrons en suite, vont déterminer une situation vraiement chaotique dans l'Organisation.
Une autre sujet à compliquer bien plus la situation est celui-ci se rapportant à la situation économique: depuis longtemps nous avons essayé de résoudre ce problème à partir d'un énoncé stratégique, et pour cela nous y avons conssacré toutes les forces, le temps et les moyens considerés nécessaires sans parvenir pour autant à les résoudre. Ce problème a-t-il une solution correcte, c'est-à-dire, pas conjoncturelle? Nous devons résoudre ce problème. Dans le cas contraire il faudrait aussi renoncer à satisfaire d'autres buts importants stratégiques: nous devrions cesser de penser au développement de l'Organisation ainsi que de l'ensemble du mouvement de résistance populaire. C'est pourquoi ceux qui considèrent ce sujet seulement sur l'étroit point de vue "économique" se trompent.
Il est indispensable d'analyser tous ces problèmes afin de les chercher une solution. Pour cela il ne faut pas chercher aucun cheveau expiatoire. Le Commando Central doit y assumer, comme dans le reste, la responsabilité de la situation crée. Néanmoins, cette responsabilité collective ne doit pas servir de prétexte pour voiler la part de responsabilité correspondant à chacun. Il ne s'agit d'accuser personne, mais il conviendrait de considérer tous les facteurs, afin de pouvoir corriger et de prendre toutes les mesures nécessaires. Logiquement dans cet écrit nous n'allons pas nous arrêter aux tenants et abatissants du cas. Nous devons prêter de l'attention aux problèmes de fond: à l'indiscipline à la mauvaise planification et, plus en général, aux méthodes erronées de travail établies.
La planification implique, entre autres choses, de la prévoyance, c'est à dire, faire des projets, marquer des buts, établir des details, distribuer les forces, etc. en accord avec l'analyse d'une situation determinée et son développement possible. Tout cela oblige à prendre en considération autant la situation général du pays (économique, politique, et sociale) que l'état des forces révolutionnaires et partulièrement, celui de notre Organisation elle-même. Ce travail est de la responsabilité exclusive du Commando Central; il est le seul en situation de le mener à bien en sa qualité d'Etat-Major des forces armées révolutionnaires. Une autre question où nous n'allons pas entrer ici est celle que fait allusion au facteur subjectif et à son accord avec les conditions objectives matérielles; c'est-à-dire, à la teneur de sagesse dans les analyses et les estimations, de même qu'à l'établissement des projets correspondants. Tout cela incombe du problème de la tactique et la stratégie, qu'aucun chef politique ou militaire doit jamais dédaigner ni prêter peu d'attention. Pourtant, on doit dire que cette négligence s'est produite plus d'une fois parmi nous, motivée presque toujours par la difficulté de nous réunir; sinon les petits détails du jour ont été ceux qui ont detourné notre attention. On explique ainsi que nous ayons parfois manqué de projets "alternatifs" que nous n'ayons pas été capables, presque jamais, de declencher, coordonner et diriger une "campagne concentrée", assenant plusieurs coups à la fois. Nous aurions la possibilité de l'avoir fait si nous l'avions voulu, évitant ainsi l'excessive dispersion (dans le temps) des actions, la distraction de nos forces et ce sentiment d'inactivité ne nous servant à rien. Prévoir des changements au cour d'une campagne, annuler un opératif s'il n'a pas de conditions pour son accomplissement, ou accélerer les détails pour mener les projets, ce sont des tâches concernant aussi à la Direction, de même que prevoir la possibilité d'une erreur ou d'un échec rendant impossible sa réalisation. C'est pourquoi on doit prévoir d'autres projets ou opératifs pouvant les mener aussitôt que possible.
Nous avons ensuite la question de l'articulation et de l'accomplissement des projets, où font partie directement les cadres majeurs et les militants de base de l'Organisation. Au débout on y pose aussi un problème de planification, qui revient réssoudre au groupe ou commando opératif, travaillant les reseignements, évalouant toutes et chacune des possibilités, etc., afin de décider la façon la plus adéquate de mener le but marqué dans le delai de temps prévu.
N'ayant pas une raison justificable (imprévue dans l'ordre de la Direction) ils ne doivent modifier pas une des tâches fixées ni les dates de son accomplissement. Il en est responsable le chef du commando ou de l'unité. Il n'y a pas d'excuse qui compte, se réfugiant dans les mauvaises interprétations ni dans l'ultradémocratisme, lequel ne tient pas de place parmi nous. Et tous savons dernièrement, à ces accords "par majorité" en absence d'une direction solide. Il ne faut pas dire que ces accords ne peuvent pas être tolerées dans notre Organisation militaire que lorsqu'il s'agit d'approuver quelques des modalités d'un projet concret à accomplir, mais jamais, sous aucun prétexte, pour mettre en question l'éxécution de ce projet.
En général, ce sont les membres du Commando Central ceux qui doivent décider, dans chaque cas, la façon la plus adéquate "d'entrer", utiliser, etc. Ensuite, une fois commencée la "mise en scène" de nouvelles particularités et difficultés y apparaissent; chaque acteur devant jouer le rôle confié adroitement et imaginativement, sans doute, il ne pourra le faire que s'il est imbu de l'importance de son rôle et qu'il connaît bien la "parcelle accordé"; s'il comprend que la "fonction" commence, nous sommes libres de décider qu'ensuite nous puvons dominer la situation et qu'une fois l'opératif commence, ce son la decission, le courage et l'audace ceux qui décidont tout. Comment faire pour que chaque combattant joue le rôl confié, y mettant en jeu son initiative même et ses qualités? Cela dépend souvent de la Direction: d'une bonne planification et prévision génerale, de l'adresse dans le choix des buts et ensuite, du travail d'organisation, coordination et direction pratique se faissant sur le terrain. Le chef du commando doit dresser le plan d'action, situer de façon satisfaisant les forcecs et les mener au combat. Il se passera ainsi que chaque guérillero s'inspirera de ce style de travail et l'appliquera à la tâche assignée. Créer un état d'esprit favorable à l'action parmi les membres du commando, ce n'est pas une question de rhétorique mais surtout le résultat d'une bonne planification et organisation. Cela dit, il aura toujours des différences de critère dans beaucoup de dátails parmi les membres d'un commando et il faut que tous s'expriment avec une totale liberté et franchise. Cela renforcera bien plus l'esprit combattif et la discipline. Unifier des critères, dissiper les doutes et renforcer le moral ou, autrement dit, "qu'il y ait de la joie", ce sont des aspects concernant particulièrement à la Direction; de même que concerne à la Direction ce d'annuler, de le croire nécessaire, un opératif si les conditions objectives et subjectives indispensables pour son accomplissement ne sont pas crées.
Mais quand les choses ne se font pas ainsi, quand le Commando Central "perd les papiers", ne prévoit ni planifie avec la vue mise sur les buts stratégiques que nous avons fixés, mais qu'il affronte les problèmes d'un jour a l'autre (et que, pour autant, comme de bien entendu, nous aurons aussi toutes les forces laissées croupir et sans pouvoir compter sur une réserve) quand tout cela arrive, l'histoire commence et nous devons donc improviser en même temps, rapiécer ici, faire un trou là, il ne doit pas étonner que la panorama soit noirci et que se multiplie l'insécurité et le désarroi. Il faut voir clair que nous ne refusons pas toute improvisation. Tous savons que le hasard dans la guerre est l'un des facteurs fondamentaux à tenir en compte. Puisqu'il s'agit de l'affrontement de deux volontés et forces agissant avec une relative indépendance l'une de l'autre, il existera toujours un marge d'imprévus sur la conduite de l'ennemi. Il s'ensuit que nous devons faire un effort pour "deviner" ses mouvements et ses pièges et, de notre part, utiliser des divers stratagèmas pour le confondre et l'induire à commettre des erreurs. C'est pourquoi nous devons souvent "improviser", parculièrement quand se prépare et se méne à bien une opération où, en général, se présentent et affrontent des particularités et des situations échappant ou renseignement et à tout plan préalable.
Si nous échouons dans l'estimation et dans l'élaboration, il ne doit pas étonner que, quand le tour arrive au chef du commando et que celui-ci se trouve avec l'affaire difficile, à son tour il se voit obligé de se tirer d'affaire avec n'importe quelle "petite chose". Il commence a divaguer et à retourner des buts divers dans sa tête pour voir la manière "d'enfoncer le dent" sur l'un des buts, sans aucune idée nette ni projet exact. Jusqu'au moment qu'il décide de se pencer à contretemps, quand tous le détails se sont écoulés, et oubliant du parachute. Finalement, il arrive que la chose n'était pas celle que nous "l'avions prévue" lorsque, en réalité, on n'avait rien prévu et ce manque a dû être remplacé par la volonté. L'échec de l'attaque au fourgon à Zaragoza ou celui de l'assaut au Banque d'Espagne à Santiago, sont-ils dus à la "mauvaise coordination" ou peut-être au "manque de synchronisation" dans la conduite des membres du commando? Quelle bêtise! La coordination est un aspect de la planification (et conformément à un but, ou dresse un plan d'éxecution et, en accord avec celui-ci on stipule l'emplacement des forces de même que les formes et les phases de l'action) et celle-ci est une responsabilité du chef de commando d'une opération. Il est impossible d'accomplir bien sa tâche, s'il n'a pas été informé au préalable ou s'il n'a pas de temps, les forces et les moyens nécessaires. La coordination et la compènétration sont le produit, en dernier ressort, d'une juste planification.
Au cours de la longue lutte de résistance que nous soutenons contre l'Etat fasciste et impérialiste espagnol, notre Organisation a dû changer plusieurs fois le but central de ses attaques. Ces changements ont été notamment déterminés par la situation politique, par les besoins et les buts immédiats du mouvement de résistance et par l'état de nos forces. Ainsi, durant la premièr étape et une fois que nous avons fait face à la répression sur les masses, nos actions furent dirigées de préférence à denoncer la manoeuvre politique du régimen. Nous avons mis le "plastic" de "mode" nous a été utile dans ce but. Plus tard, lorsque nos forces furent assiégées et que les arrestations et les assassinats des militants commencèrent, nous avons dû nous défendre en attaquant directement les forces répressives et les hauts responsables de la répression. Dernièrement, l'activité armée de notre Organisation a été visé particulièrement à frapper l'infrastructure économique de l'Etat de l'oligarchie.
Toute cette activité armée a été orientée à atteindre le but stratégique fondamental que les GRAPO ont visé pour l'étape actuelle de notre révolution: affaiblir les forces ennemies ou même temps que nous renforçons les nôtres. On doit éclaircir qu'il ne s'agit pas autant de leur créer des pertes (d'ailleurs étant encore en mesure de s'en remettre et même d'en augmenter facilement) que de leur ronger le moral en même temps que nous élevons l'esprit de combat des masses; il ne s'agit pas non plus de renverser maintenant l'Etat ni d'occuper une partie du territoire (une chose inconcevable à present, dans les conditions de notre pays), mais d'accentuer la crise politique, économique et sociale du régime, de lui créer un "chaos" en lui empêchant, entre autres choses, de concentrer le gros de ses forces contre nous. Dans ce but, nous devons les terroriser et leur occasioner les plus grandes pertes politiques et économiques possibles. Cet énoncé renferme les actions directes contre les forces répressives pour punir leurs crimes et pour encourager les masses. Jamais nous ne devons nous laisser entraîner au terrain de la lutte contre la police politique, ni tomber aux pièges qu'ils nous posent à chaque pas avec leurs provocations. Avec ces actions, nous ne cherchons pas décimer l'ennemi, mais le démoraliser et l'acculer socialement et politiquement. Il s'ensuit qu'il faut choisir le meilleur moment pour les mener de façon qu'on ne puisse même pas croasser ce du "tir à la nuque". On doit essayer d'être précis dans ces attaques. Néanmoins à présent, ces actions ne sont pas les choses les plus importantes à prendre en considération. Entre outres raissons, parce que nous ne disposons pas des forces nécessaires ni sommes en mesure de supporter une "guerre d'usure" de ce type, et aussi parce que la terreur de répression actuelle, son caráctère "sélectif", n'exige la mener que d'une façon cojoncturelle. Ne pas le comprendre ainsi, cela nous menerait à un impasse très difficile ensuite de parvenir à sortir de là. A présent, nous devons prêter attention au soutien du mouvement des masses et à attaquer l'infrastructure économique, politique et militaire du système. Tout cela est ce que nous avons fait dernièrement et il est juste de continuer à le faire. Mais dans ce domaine nous ne sommes pas non plus prêts à lui paralyser, mais seulement à lui occasioner un dégât relatif, à lui créer une situation de crise partielle et à profiter l'effect politique et psycologique ayant toujours lieu. Bref, avec ces opératifs, et vu les limitations imposées par notre même dévelopement, il s'agit d'occasioner les plus grandes pertes et chaos possible à l'appareil productif, bureaucratique et répressif de l'oligarchie, de ne pas ni laisser "gouverner" et se remplir les poches en toute tranquilité, pendant que la plupart de la population subit et passe tout genre de besoins, pendant qu'ils torturent aux casernes et aux commissariats et qu'ils forcent les prisonniers à des conditions inhumaines de détention, etc.
Compte tenu de tout cela, il faut concentrer nos attaques. Plus concentrées sont les attaques, plus grand sera leur retentissement. La dispersion, malgré l'importance des coups, n'aboutit au profit de la cause puisque, avec le temps, l'ennemi finit par les assimiler et par s'y habituer. D'ailleurs, nous ne devons pas oublier qu'étant si large notre champ d'activité, nous ne pouvons pas non plus nous occuper à la fois de tout et être efficaces. On a donc besoin de concentrer les forces sur un secteur concret en le frappant systématiquement jusqu'à le paralyser ou, du moins, le désorganiser ce qui, à ne pas en douter, va répercuter politiquement et socialement, car le régime ne peut pas "assimiler" cela, au contraire de l'assimilation d'autre type d'actions.
Les GRAPO avons toujours appuyé le principe de la primauté de la politique sur l'activité militaire. Mais la notre, comme Organisation armée, avec ses tâches et sa structure en accord avec ce caractère, elle ne s'attribue aucune politique concrète ni fait partie d'aucun parti. Cela ne signifie pas que les GRAPO soient "apolitiques" ni qu'ils ne soient pas appuyés par aucune idéologie. Dans l'histoire militaire cela n'a jamais arrivé nulle part.
Le "Programme-Manuel du guérillero" définie aux GRAPO comme "un collectif" d'hommes et femmes armées et organisés militairement [...] un instrument au service de la cause démocratico-populaire". C'est-à-dire, les GRAPO ne sont pas l'Organisation armée d'aucun parti mais il font partie du mouvement de résistance, ils se nourrisent de lui et ils lui servent toujours. En tant qu'organisation armée populaire, les GRAPO ont leur identité propre, forgée au cours de beucoup d'annés de lutte. Ils ont donc aussi leurs propres idées et conceptions, leur buts, leur plans et projets et par conséquent, leur propre structure organique et leur fonctionement.
Les GRAPO se sont constitués comme l'embryon de la future armée populaire. A vrai dire, la relation spéciale que nous avons toujours entretenu avec le PCE(r) nous a fait apparaître souvent comme de "bras armé" du Parti. D'autres fois, le PCE(r) a été celui qui est apparu comme le "bras politique" des GRAPO. Pourtant, nous n'allons pas démentir que, parfois mais particulièrement dans les dernières étapes, nous avons tendu à nous prendre sour l'aile protectrice du PCE(r) et à dépendre trop de son aide et collaboration pour résoudre quelques problèmes que nous pouvions avoir résolu nous-mêmes. Par exemple, il s'est passé ainsi au domaine de la "publicité", de l'explication aux masses de nos propres actions et buts, nous limitant seulement aux concis communiqués; autant on peu dire par rapport à l'aide que nous avons besoin, quant aux maisons et abris plus ou moins sûrs. Ainsi donc, ce type de dépendence doit finir, car elle nous méne à négliger souvent nos propres responsabilités. Dans ce domaine, nous devons aussi débrouiller nous-mêmes, essayant de ne pas négliger les relations avec les sympathisants et les amis, et cela autant à l'extérieur qu'à l'interieur d'Espagne. La sûreté et la continuité du travail en dépendent, dans une grande mesure.
Toujours est-il que notre Organisation compte sur une direction propre, mise à l'épreuve en mille combats, et à laquelle personne ne lui a demandé jamais sur son affiliation politique et idéologique. Parmi nous il suffit que chacun démontre son honnêté et sa fermeté inébranlable, qu'il soit à coté du peuple et de la cause démocratique et qu'il soit à coté su peuple et de la cause démocratique et qu'il n'épargne aucun effort ni sacrifice pour la servir. On peut dire la même chose des cadres moyens et des militants de base.
Nous devons réaffirmer et renforcer ce caractère unitaire et combatif de notre Organisation, supprimant tout cela qui puisse gêner ou empêcher l'incorporation de tout antifasciste, républicain et patriote. Nous devons prendre en considération que, à mesure que le processus révolutionnaire avance et que l'Organisation gagne la sympathie et le soutien des masses, étend son développement et s'occupe de nouveaux champs d'activité, il sera de plus en plus évident son identité propre. Pendant ce temps, nous devons parvenir à que cette differenciation et cette autonomie se stabilisent au sein mème de l'Organisation. Nous y arriverons en créant un nombre croissant de nouveaux groupes opératifs, en renforçant les distinctes sections spécialisés, en ramifiant de plus l'Organisation. En même temps, nous devons prêter plus d'attention à la préparation et à l'entraînement, devant s'occuper de la formation politique et théorico-militaire, a sa préparation phsique et le bon maniement des armes. Seulement ainsi nous compterons sur un contingent militaire techniquement préparé, avec un élevé moral de combat et prêt à servir à la cause populaire.
Notes:
(9) Le Document National d'Identité, carte d'identité espagnole.
(10) Un million trois cent mil dollars.
(11) Pour commémorer les dix anées des socialfascistes au gouvernement, pendant l'anné 1992 Espagne a été le siège des Jeux Olimpiques, l'Exposition Universel on deroula à Sevilla et Madrid a été "cité culturel de l'Europe".
(12) Le Train de Grande Vitesse espagnole [N. du T.].
(13) Institut National de l'Industrie, le monopole de l'Etat [N. du T.].